L’effroyable requin-lutin

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L’effroyable requin-lutin

Le requin-lutin (Mitsukurina owstoni), aussi appelé requin-gobelin, et un poisson qui n’a pu que rarement être observé. Pour cause, il vit généralement en eau très profonde, entre 500 et 1 300 m, mais il lui arrive de s’aventurer à une trentaine de mètres de la surface.

Il a été observé pour la première fois en 1897 prés des côtes japonaises, mais très discret, on ne sait au final que peu de choses sur son mode de vie.

Description du requin lutin

Ce n’est assurément pas le plus beau des requins, mais c’est une espèce réellement originale souvent comparée à un alien des mers, qui ne ressemble à aucun autre requin.

De couleur grise, blanchâtre ou rosâtre, son corps flasque et ses nageoires latérales de taille réduite laissent à penser qu’il est plutôt lent. Sa nageoire caudale représente plus d’un tiers de sa taille, et elle luit permet tout de même d’accélérer brusquement.

Le requin-lutin peut atteindre la taille de 3,50 m à l’âge adulte, pour un poids d’environ 160 kg. Certains scientifiques estiment qu’il est possible de trouver des spécimens bien plus gros dans les eaux très profondes.

Sa tête est particulièrement étrange lui donnant un air préhistorique réellement inquiétant. Son long museau est aplati, il est couvert d’ampoule de Lorenzini lui permettant de détecter les champs électriques que produisent ses proies.

Ce sont ses mâchoires qui étonnent le plus, puisqu’elles peuvent se déployer rapidement afin de capturer les poissons que le requin lutin convoite. De longues dents fines en forme de clou légèrement incurvées servent à pénétrer rapidement la chair de ses proies. Les mâchoires reprennent ensuite leur position initiale, pour permettre à ce requin peu banal d’avaler sa nourriture.

Comportement du requin lutin

On ne sait finalement que très peu de choses à son sujet. On le rencontre généralement sur le talus continental, dans les canyons sous-marins et les monts sous-marins de la planète entière. Il nage discrètement et détecte les proies passant à proximité de lui, grâce à la sensibilité aux champs électriques de son museau. Il se nourrit donc de céphalopodes, de crustacés ou de poissons téléostéens.

On ignore tout de sa période de reproduction, ou encore de ses migrations, et seulement une centaine de spécimens ont été pêchés en prés de 120 ans.

Un nouveau genre, et une nouvelle famille juste pour lui

La faute à ses nombreuses particularités anatomiques, le requin-lutin, à sa découverte, ne rentrait dans aucun genre, ni aucune famille de requin connus jusque-là. C’est donc David Starr Jordan, un ichtyologiste américain, qui a créé la famille Mitsukurinidae dont le requin-lutin est l’unique membre.

Combien de requin-lutin à travers le monde ?

C’est une question à laquelle les spécialistes ne trouvent aucune réponse. Une infime quantité de requin-lutin ont été pêchés depuis leur découverte, et en ignorant leur taux de reproduction ou encore leur age maximum, il est très difficile de se faire une idée.

C’est en tout cas une espèce qui n’inquiète pas l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, qui le considère comme une préoccupation mineure.