L’immobilier de luxe à Paris : quelles tendances pour 2016 ?

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L’immobilier de luxe à Paris : quelles tendances pour 2016 ?

Après 3 années de crise, l’immobilier de luxe parisien semble être sur la voie de la guérison. Ce secteur a en effet retrouvé des couleurs en 2015, notamment grâce au retour des investisseurs étrangers. De quoi miser sur des tendances positives pour 2016.

Il aura fallu patienter 3 ans pour que le marasme de l’immobilier de luxe à Paris laisse place à une embellie notable en 2015. 3 années durant lesquelles les acheteurs se faisaient rares et les biens disponibles s’accumulaient. Enfin, en 2015, le marché est parvenu à inverser la tendance, si l’on en croit une étude conjointe de la banque Coldwell Banker et du site Lux-residence.com.

2015 : année record pour l’immobilier de luxe parisien

Pour Coldwell Banker, 2015 a donc été une année record :

  • Un volume de ventes de 300 millions d’euros, en progression de 42% par rapport à 2014 ;
  • Une explosion des ventes notamment à Paris, avec une hausse de 157% au premier semestre par rapport à la même période en 2014.

Une bonne santé qui n’a pas été remise en cause par les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. Paris bénéficie encore et toujours d’une aura particulière auprès des étrangers… Aura qui n’est pas sans s’appuyer sur des conditions d’achat devenues hautement favorables, ainsi que sur le travail des nouvelles stars du secteur, les chasseurs immobiliers, qui ont repris en main les transactions des biens de prestige dans la capitale.

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De sorte que les tendances pour 2016 devraient prolonger les causes de l’embellie de 2015 : le retour des acquéreurs non-résidents, la baisse des prix, un taux de change favorable et un portefeuille élargi de biens de prestige.

Le retour des investisseurs étrangers

On note en effet un retour des investisseurs étrangers sur le terrain de l’immobilier de luxe à Paris. En voici les grandes tendances :

  • Retour des acquéreurs du Moyen-Orient (Arabie saoudite et Qatar essentiellement) et des acheteurs américains ;
  • Arrivée sur le marché d’une clientèle chinoise ;
  • Maintien de la présence des Anglais et des Libanais ;
  • En contrepartie, on observe la disparition des acquéreurs russes et originaires d’Europe de l’Est, notamment à cause de la dévaluation importante du rouble.

Les clients étrangers profitent d’un taux de change euro/dollar favorable, ainsi que de l’écart des prix qui s’est creusé entre Paris et les autres grandes métropoles de la planète, comme le rapporte le blog de Barnes.

Le profil des acquéreurs

Outre le retour des acheteurs non-résidents, l’autre tendance concerne la hausse des acquisitions opérées par les fonds d’investissement, notamment étrangers. Ceux-ci misent principalement sur l’achat de grandes surfaces, d’immeubles entiers ou d’immeubles de bureaux, avec pour objectif de rentabiliser leurs investissements.

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Quant au profil type des acheteurs, voici ce qu’on peut noter :

  • 78% ont plus de 50 ans, dont 27% dépassent les 65 ans.
  • Parmi les 63% d’actifs, les cadres ont laissé place aux représentants des professions libérales : ils sont passés de 54% à 37% en un an.
  • 65% des acheteurs vivent en France, parmi lesquels 1 sur 2 habite en région parisienne.
  • 2 acheteurs sur 3 ont un revenu annuel supérieur à 160 000 €, et les trois-quarts d’entre eux étaient déjà propriétaires avant leur achat en 2015.

Des prix en baisse

La baisse des prix de l’immobilier, y compris dans le domaine du luxe, conjuguée à des taux de crédit avantageux, ont contribué à l’embellie qu’a connu le marché en 2015. Les vendeurs ont pris conscience de la réalité du marché, et ont consenti de fait à baisser leurs prix. De leur côté, les acheteurs ont fait des offres plus raisonnables.

Cette tendance devrait se poursuivre en 2016 : 59% des acteurs du marché sont persuadés que cette baisse des prix va continuer dans les 6 premiers mois de l’année 2016.

Quels biens pour quels quartiers ?

Le secteur de l’immobilier de luxe englobe les biens dits « de prestige », à savoir des biens considérés comme rares parce qu’ils bénéficient d’une architecture particulière et/ou d’un emplacement privilégié et/ou d’un passé historique unique. Le second filtre, décisif, est le prix : par son caractère élitiste et prohibitif, il signale le prestige du bien. On parle ainsi de surfaces comprises entre 180 et 500m2.

Le portefeuille des biens de prestige s’est élargie du fait de la disette des années précédentes. Voici le détail des quartiers privilégiés :

  • L’Ouest de la capitale (8e, 16e et 17e arrondissements) et la rive gauche (5e, 6e et 7e) restent toujours privilégiés par les investisseurs étrangers. La clientèle moyen-orientale, en particulier, se focalise sur les adresses les plus prestigieuses de la ville, celles du Triangle d’Or formé par les avenues Montaigne et George V et par la rue François 1er.
  • Pour les investisseurs français, on note une demande accrue du côté des 9e, 10e et 11e arrondissements, et dans les 14e et 15e pour des maisons. Ces acheteurs optent pour des quartiers plutôt résidentiels, avec des biens situés près des points d’intérêts (commerces, écoles et établissements de santé).

En 2016, le marché de l’immobilier de luxe parisien devrait continuer de profiter aussi bien aux uns qu’aux autres, les biens visés n’étant pas exactement les mêmes.